Gabriele Garavaglia
L'Almanach 26 : Gabriele Garavaglia
Gabriele Garavaglia (1981, Vercelli, Italie)
Gabriele Garavaglia est né en 1981 à Vercelli (Italie). Il vit et travaille à Zurich. Après des études d’architecture au Politecnico de Milan et à la Bartlett School of Architecture de Londres, il suit, de 2015 à 2017, le programme de master en beaux-arts à l’ECAL de Lausanne, où il est actuellement professeur invité. Il a déjà présenté son travail au Consortium Museum lors de l’exposition collective “They” en 2023.
Dans le monde de réalité augmentée de Gabriele Garavaglia, nous ne sommes jamais loin de l’hallucination, du vertige ou de la disparition. De gigantesques boutons Up et Down, un signe EXIT qui oscille ou s’efface, des hologrammes, des apparitions d’adolescents ou de zombies, des signes aussi élémentaires que synthétiques : autant de sortes de trompe-l’œil numériques qui accompagnent aussi bien nos vies ordinaires que nos récits dystopiques.
Le dispositif des trois œuvres produites spécifiquement pour son exposition au Consortium Museum transforme l’espace en paysage mental construit à partir de logiques d’interfaces, de simulation et de science-fiction. Des éléments à échelle augmentée — boutons d’ascenseur, objets sculpturaux — apparaissent comme des surgissements dans l’espace, entre production d’image et présence matérielle instable.
Le projet travaille le passage du numérique au physique à travers des procédés d’impression et des matériaux issus du design, de la mode et de l’architecture temporaire, accentuant une sensation d’artificialité assumée.
Garavaglia organise ici un ensemble de motifs liés au contrôle, au seuil et à la bascule (monter / descendre / sortir), où les fonctions deviennent ambiguës et parfois dysfonctionnelles. La sortie elle-même peut s’effacer, les systèmes se dérégler, les signes se retourner contre leur lisibilité.
L’exposition est traversée par une oscillation entre gravité et absurdité, entre imagerie dystopique et éléments presque burlesques, qui empêche toute stabilisation du sens et maintient l’installation dans un état de fiction critique.