Hao Liang
L'Almanach 26 : Hao Liang

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Le Consortium
Curated by Franck Gautherot & Seungduk Kim

Hao Liang (1983, Chengdu, Chine)


 

Né en 1983 à Chengdu, en Chine, Hao Liang vit et travaille à Pékin. Il intègre l’Institut des beaux-arts du Sichuan à Chongqing en 2002, où il obtient son master en 2009, avec une spécialisation en peinture. 

Dans ses réalisations, il privilégie la peinture, le lavis et l’encre sur soie, s’inscrivant ainsi dans l’héritage technique de son pays. La soie est un support qui nécessite une préparation minutieuse  ; contrairement au papier — qu’il utilise pour ses dessins — et qui engage davantage la spontanéité artistique. Un pan essentiel de son travail s’intéresse aux perceptions de la temporalité. À la différence de certains de ses prédécesseurs chinois, qui cherchent à représenter le temps comme mutable et ambigu, Hao Liang tend à en saisir la complexité propre au moment présent.
Les ambiances mystérieuses qu’il crée résultent autant de la diversité des motifs et des références mobilisées que de sa technique artistique. 

Pour cela, il s’affranchit de la perspective linéaire, aplanit le premier plan et l’arrière-plan, module l’espace par des variations de couleurs et y inscrit ses personnages, comme dans Mariage I (2024) et Mariage II (2024). 

Les œuvres de Hao Liang se caractérisent par des compositions contemplatives, empreintes d’une forme de nostalgie lettrée. Elles puisent leurs symboles et leurs thèmes dans la littérature, tant contemporaine qu’ancienne, mais également dans sa connaissance de la peinture classique chinoise et du cinéma mondial. Il multiplie les références artistiques et crée des hybridations, à l’image de ses deux encres sur soie, To Watteau – Chez Franz (2025) et To Watteau – La Goulue (2025). Les titres constituent une référence explicite aux peintures rococo d’Antoine Watteau, dont les personnages semblent inspirer le costume de l’homme énigmatique représenté par Hao Liang. 

Les titres font également écho aux affiches du Moulin Rouge réalisées par Henri de Toulouse-Lautrec pour les représentations de la danseuse surnommée “La Goulue”.

Ces éléments se retrouvent dans un agencement de photographies, de reproductions d’images et d’esquisses également présenté dans l’exposition tels des mood boards transférés des murs de l’atelier de l’artiste. Au-delà d’être un simple catalyseur des variations émotionnelles de l’artiste, la pratique du dessin constitue aussi pour lui une manière de réfléchir et de “trouver la forme de présentation la plus juste”. Les œuvres graphiques présentées ici accompagnent ainsi la lecture et la compréhension des peintures de Hao Liang.