"Raw Moderism: Accolay Clay Today", UCCA Clay Museum
Du 17 juillet au 18 octobre 2026
Avec la collection de céramique d'Accolay de Pierre-Emile Pralus et les œuvres de Sylvie Auvray, Nitsa Meletopoulos, Roberto Cuoghi, Rena Kudoh, Takuro Kuwata, Geng Xue, Ou Ming et Sun Yue.
À Yixing (Chine), le Consortium Museum présente "Raw Modernism: Accolay Clay Today" au UCCA Clay Museum. Cette exposition collective réunit la plus grande collection de céramiques d'Accolay (produites dans l'Yonne, en Bourgogne) mise en regard avec des sculptures contemporaines, soigneusement sélectionnées par Franck Gautherot et Seungduk Kim, commissaires de l'exposition.
Reliant art populaire, beaux-arts, artisanat, design et modernité autodidacte, l’œuvre des potiers d’Accolay est aujourd’hui présentée en Chine pour la première fois à travers cette exposition. En mettant en dialogue ces céramiques historiques avec des pratiques contemporaines, l’exposition fait des procédés techniques de l’argile, de sa matérialité et de son potentiel expressif un pont entre ces deux périodes. Les huit artistes contemporains réunis ici, venus de France (Sylvie Auvray, Nitsa Meletopoulos), d’Italie (Roberto Cuoghi), du Japon (Rena Kudoh, Takuro Kuwata) et de Chine (Geng Xue, Ou Ming, Sun Yue), ont été choisis pour la manière dont leurs œuvres font écho — tout en les remettant en question — aux créations des potiers d’Accolay.
"Raw Modernism: Accolay Clay Today"
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un petit groupe de "hipsters" installés à Paris décida de quitter la capitale pour la province afin d’y commencer une nouvelle vie en tant que potiers. André Boutaud (1920-1980), Louis Dangon (1913-2000), Wladislaw (dit Slavik) Palley (1920-2005) et H. Raudé furent à l'initiative de cette aventure qui débuta officiellement le 26 octobre 1945.
Ils s’imaginaient descendre vers la Méditerranée en empruntant la Route Nationale 6, alors principal axe reliant Paris au littoral méditerranéen. Jusqu’où, se demandaient-ils, pouvait-on rouler avant de devoir faire le plein ? Peut-être jusqu’à Vermenton, un village typique du nord de la Bourgogne. Ils ouvrirent une station-service à la sortie du village et installèrent, dans le village voisin d’Accolay, un atelier de céramique. Ils mirent leurs créations en vente à la station-service, les présentant sur des présentoirs fabriqués sur mesure ou simplement disposées à même le sol. Par ce coup de génie marketing, les potiers d’Accolay firent leur entrée sur la scène internationale.
Née dans le contexte de la reconstruction de l’après-guerre, la céramique d’Accolay se distingue par une approche expérimentale des formes, des surfaces et des émaux. À la croisée de l’art, de l’artisanat et du design, ces œuvres reflètent une sensibilité moderniste fondée sur l’exploration de la matière et une production collective. Alliant liberté créative, audace et apprentissage par la pratique, elles incarnent un esprit non conventionnel qui trouve aujourd’hui encore un profond écho dans les pratiques contemporaines de la céramique.
Les potiers signaient leurs œuvres du seul nom d’"Accolay", renonçant à la reconnaissance individuelle au profit du collectif. Cette signature était à la fois une marque et le nom d’un lieu : celui d’un village profondément enraciné dans la ruralité française.
Des artisans et des artistes faisaient régulièrement halte à l’atelier d’Accolay : certains y travaillaient et créaient durant de longues périodes, d’autres n’y séjournaient que le temps d’emplois saisonniers. Si les noms de quelques-uns ont été conservés, beaucoup sont aujourd’hui tombés dans l’oubli.
Cette aventure heureuse prit une tournure dramatique après la disparition d’André Boutaud, chef de file de fait du groupe. Il fallut attendre 1989 pour que la société qu’ils avaient fondée soit définitivement dissoute. La station-service fut abandonnée, puis démolie en 2009. Il demeure cependant les milliers de pièces produites à Accolay, aujourd’hui recherchées par les collectionneurs, mais longtemps restées dans l’ombre, à l’écart des grands récits du modernisme.
La première partie du titre de l’exposition fait référence au pouvoir du four, qui transforme l’argile "brute" en une matière cuite, solide et durable. La matière devient objet. Il s’agit ici d’un modernisme spontané, indompté et autodidacte, nourri d’images et d’inspirations puisées dans la culture de masse. Ces œuvres furent créées à une époque fascinée par la nouveauté, l’abstraction, les matériaux innovants et l’émergence d’une nouvelle culture populaire. Reliant art populaire, beaux-arts, artisanat, design et modernité autodidacte, l’œuvre des potiers d’Accolay est aujourd’hui présentée en Chine pour la première fois à travers cette exposition.
En mettant en dialogue les céramiques historiques d’Accolay avec des pratiques contemporaines, l’exposition fait des procédés techniques de l’argile, de sa matérialité et de son potentiel expressif un pont entre ces deux périodes. Les huit artistes contemporains réunis ici, venus de France (Sylvie Auvray, Nitsa Meletopoulos), d’Italie (Roberto Cuoghi), du Japon (Rena Kudoh, Takuro Kuwata) et de Chine (Geng Xue, Ou Ming, Sun Yue), ont été soigneusement choisis pour la manière dont leurs œuvres font écho — tout en les remettant en question — aux créations des potiers d’Accolay.
Tactile, malléable, fragile, ambiguë, poreuse, brillante, mate, colorée, décorative, fonctionnelle, traditionnelle, expérimentale, élégante, désirable, oubliable ou inoubliable… telle est l’argile aujourd’hui !
"Raw Modernism: Accolay Clay Today" est présentée par l’UCCA Center for Contemporary Art en collaboration avec le Consortium Museum. L’exposition est commissariée par Franck Gautherot, cofondateur et codirecteur du Consortium Museum, Seungduk Kim, codirectrice du Consortium Museum, et Zhang Yao, commissaire assistante à l’UCCA. La scénographie est conçue par matali crasset. Les céramiques d’Accolay sont présentées grâce au prêt de la Collection Pierre-Émile Pralus.
UCCA Clay Museum
Dingshu Town, Yixing City
Wuxi City, Jiangsu Province 214221
Site internet : ucca.org.cn